Placements : comment investir dans cette période des taux négatifs ?

Alors, les taux négatifs, opportunité du siècle ou grand périple à venir ? Le sujet ne résonne pas tant que ça auprès des Français. Et pourtant, la France est un des pays du monde concerné par ce concept révolutionnaire. Le taux d’intérêt ou de rendement est supposé rémunérer le risque qu’un investisseur prend en achetant un actif en fonction de différentes variables (la durée, le risque, la liquidité, le risque politique, le type d’actif...).

Aujourd’hui, votre conseiller EasyGP va évoquer avec vous l’actualité
de la gestion de patrimoine, et notamment celle de l’économie mondiale. Comme vous le savez, depuis quelques mois, la plupart des économies mondiales connaissent le phénomène de « taux négatifs ».

Mais mis à part les économistes et les financiers dans leur
ensemble, peu de personnes peuvent comprendre ou vous expliquer quel est ce phénomène, son importance et son impact sur vos économies. C’est ce que nous allons tenter de faire à travers ce grand format.

 

Une opportunité à saisir

Alors, les taux négatifs, opportunité du siècle ou grand périple à venir ? Le sujet ne résonne pas tant que ça auprès des Français. Et pourtant, la France est un des pays du monde concerné par ce concept révolutionnaire. Le taux d’intérêt ou de rendement est supposé rémunérer le risque qu’un investisseur prend en achetant un actif en fonction de différentes variables (la durée, le risque, la liquidité, le risque politique, le type d’actif…).

  

Exemple, le Livret A, 0.75% de rendement net d’impôt par an !
Ce rendement minime vous permet de gagner 75€ pour 10.000€ placés sur ce
livret. Le taux est très faible car la durée est censé être faible (placement à
court terme), le risque est quasiment nul (1 sur l’échelle de risque, maximum
7), c’est un placement liquide sur lequel nous pouvons retirer à tout moment…
Vous voyez bien que notre cher Livret A que nous sommes nombreux à critiquer à cause de son faible rendement.

Et naturellement, plus le taux de rendement pour un actif est grand, plus techniquement, le risque est important. Reprenons l’exemple de la France, notre cher pays. Aujourd’hui, le taux de rendement de l’obligation française (la dette) sur 10 ans est négatif ! Il est actuellement autour de -0.15% / -0.20%. Il est arrivé à -0.48% au plus bas en août 2019. En reprenant notre explication, plus le taux de rendement pour un actif est grand, plus la prise de risque est importante. C’est-à-dire que lorsque l’on transpose ce concept à l’obligation française sur 10 ans, le risque technique est tellement faible et la probabilité de ne pas se faire rembourser au bout de l’échéance (10 ans) est tellement faible, que l’on met un taux négatif.

 

 

Pour quelles raisons ? 

Le concept est incroyable ! Et pourtant lorsque l’on observe le paysage économique en France, il n’est pas spécialement reluisant (reforme du chômage, peu de création d’emploi, risque politique accru avec la dernière crise des Gilets Jaunes, inégalités en forte croissance…). Est-ce que la France mérite vraiment d’avoir un taux négatif sur sa dette à 10 ans comme notre voisin allemand ? On peut facilement en douter. D’autant que l’Allemagne, avec ses difficultés qu’on lui connait (problème sur les exportations, vieillissement de la population, sous investissement dans les infrastructures publiques…) a un environnement économique et social bien plus reluisant que celui de la France.

Et bien voilà ce qu’est un taux négatif. C’est-à-dire que l’Etat français, si vous décidez d’acheter sa dette à 100€ vous dira « vous ne serez remboursé que de 99.5€ au bout de 10 ans ». Dans le cas de l’état français, s’il décide d’emprunter de l’argent sur les marchés financiers avec un taux négatif comme c’est le cas actuellement, il serait récompense pour son emprunt !

Les origines des taux négatifs

La théorie de l’application des taux négatifs provient de travaux dont Adam Smith s’est fortement inspiré pendant les 1920. Le principe est que lorsque nous sommes en période très faible croissance économique (stagnation) voire de récession, il faut dépenser tout ce que l’on a. Avec des taux négatifs, les actifs liquides que les investisseurs adorent (ex : Livret A) ne rapportent plus.

Et donc autant dépenser que de placer son argent sur quelque chose qui ne rapporte pas. Dans le même sens, on utilise des fonds que l’on a pas donc on s’endette et le crédit est facilité par les taux négatifs auprès des banques commerciales, car au lieu d’être rémunérées pour leurs excédents, elles se font taxés lorsqu’elles placent cet argent auprès des banques centrales. Les crédits sont facilités par ce que l’on appelle « la planche à billets », c’est-à-dire une grande création monétaire.

 

D’où vient le taux négatif ?

Les Japonais ont été les premiers à utiliser le principe de taux bas, voire négatifs. Car depuis environ  25 ans, leur situation économique est loin d’être flamboyante (stagnation économique du fait de l’éclatement de la bulle spéculative immobilière). Et pour autant, la situation économique japonaise ne s’est pas spécialement améliorée. La preuve que l’application de taux faibles voire négatifs ne correspond qu’à l’utilisation d’un outil monétaire dans un ensemble correspondant à une politique de relance.

Et naturellement, la BCE (banque centrale européenne) a engagé le pas. A la suite de la crise de 2008, elle a fait tourner la planche à billets à son paroxysme afin d’éviter la faillite du système bancaire, qui avait été fortement impacté par la crise immobilière américaine. Elle a donc fait ce que l’on appelle du « quantitative easing », c’est-à-dire racheter massivement des actifs pour désendetter les banques et donc améliorer leur comptabilité, rentabilité, compétitivité.

Toutefois, cette politique de taux négatifs pour les banques commerciales a un impact significatif sur leur rentabilité, car pour la plupart, ils font de l’argent via la transformation bancaire (les dépôts d’aujourd’hui font les crédits de demain). Et pour se prémunir de cette dégradation de leur chiffre d’affaires, une banque danoise a décidé d’appliquer aussi un taux négatif à leurs déposants à partir d’un certain montant sur le compte chèque. La France va-t-elle suivre cette voie ? Personne ne peut vous le dire mais il y a de fortes chances que cela arrive, ou que les frais bancaires explosent à terme.

Comment protéger son patrimoine de l’influence des taux négatifs ?

Les taux négatifs et l’inflation sont deux phénomènes économiques sur le papier totalement opposés. Et pourtant dans les faits, ils ont la même action, c’est-à-dire celle de détruire l’épargne des investisseurs. L’inflation correspond à la hausse des prix. Un panier de biens de consommation et de services sont pris à une date clé et sont comparés à la même date l’année d’après. C’est à ce moment que l’on se rend compte s’il y a inflation ou pas. Par exemple, en 2018, l’inflation était de 1.9% selon l’INSEE par rapport à 2017.

De son coté, le taux négatif, va venir ronger de manière mécanique l’épargne, les revenus du capital (intérêts, dividendes, coupons), les revenus fixes (pensions, retraites, prestations sociales, salaires…). 

Exemple : avec un Livret A à 0.75% et une inflation 2018 à 1.9%, vous êtes en négatif de 1.15%. Vous perdez donc automatiquement de l’argent. Pour 10.000€, vous touchez 75€ intéressants mais le coût de la vie aura augmenté de quasiment 2%. Ainsi, ce que vous pouviez acheter avec 75€ coûte maintenant 76.425€. Il faudra donc mettre 1.425€ supplémentaire pour acheter un objet en 2018 qui coûtait 75€ en 2017.

 

 

Taux négatif VS Inflation ? 

De son coté, le taux négatif porte un message différent de celui de l’inflation. A savoir, on dépense tout et on s’endette ! La preuve lorsque l’on voit les taux des crédits immobiliers. Des milliers de personnes achètent leur résidence principale ou se créent des patrimoines immobiliers colossaux car la politique de taux incitent à cela. Ainsi, si vous épargnez sur des actifs à faibles rendement (plus faible que l’inflation) et que vous ne vous endettez pas, alors vous subirez la double peine !

Comment se protéger ? 

Aussi, pour vous protéger des taux faibles voire négatifs,
nous avons quelques conseils pour vous. Tout d’abord, l’achat d’or. Depuis quelques temps, cet actif est galvanisé par la chute des taux d’intérêt. Etant considéré comme une valeur refuge, son prix ne fait qu’augmenter.

Investir dans l’or ? 

Depuis le début de l’année, l’once d’or a prix plus de 20%. Lorsque l’on analyse les taux réels (taux d’intérêt – inflation), on se rend compte que plus les taux d’intérêt baissent, plus le prix de l’or augmente. Comme nous disions plus tôt, les taux négatifs envoient un message d’achat massif mais aussi d’énormes incertitudes pour le futur. Car un taux négatif pour un actif laisse présager un risque inexistant pour acquéreur de cet actif, voilà pourquoi il n’est pas rémunéré mais il doit lui-même payer pour acheter cet actif ce qui est une hérésie.

Par exemple, lorsque vous achetez de la dette française sur 10 ans, l’Etat français est payé pour s’endetter et vous payez cet état pour avoir accès à sa dette. Alors qu’il y a quelques années, c’était le contraire !

Ainsi, nous vous conseillons d’acheter de l’or pour votre portefeuille boursier à la hauteur maximale de 10%. Cela servira de couverture si les autres actifs dépendant des taux ont tendance à baisser. De l’or physique
ou encore un fonds spécialisé sur les matières premières et l’or feront très bien
l’affaire. N’oubliez pas que l’or est une couverture et non une valeur de
spéculation, mais surtout que sa valeur grimpe dans des périodes de doutes économiques. Il faudra savoir quand le vendre car sinon, vous perdrez la potentielle plus-value à effectuer.

Et à l’étranger ? 

Le franc suisse lui aussi a vu sa devise augmenter par rapport à l’Euro (environ 10% depuis le début de l’année). La Suisse étant un état économiquement stable et puissant, de nombreux investisseurs institutionnels principalement, ont décidé d’acheter du Franc Suisse en guise aussi de couverture contre les taux faibles voire négatifs.

Pour finir, l’achat de dettes de pays solides comme l’Allemagne, les USA, le Japon, la France est un bon moyen de placer à son argent à moyen terme. En achetant à un rendement faible voire négatif, vous savez que vous allez vous faire rembourser à terme moins que prévu. Mais la solidité financière de ces pays et les différentes mesures pro-business vous assurent grandement d’être remboursé. De plus, avec des taux qui ont tendance à baisser, les obligations qui auront déjà été émises dans le passé verront leur valeur augmenter automatiquement.

Cela s’appelle la sensibilité du à l’inversion de la courbe des taux. Cela vous permettra d’engranger une plus-value intéressante sur le long terme, tout en sécurisant votre investissement.

Les actions, intéressantes mais très risquées en période de taux négatifs 

En cette période de forts troubles économiques, il est très difficile pour la plupart des investisseurs de placer leur argent. Avec un rendement largement supérieur à toute classe d’actifs sur le long terme, les actions représentent une excellente une opportunité de placement. Car du fait de l’effet de la planche à billet, du quantitative easing et des taux faibles / négatifs, l’argent ne coûte pas cher.

Ainsi, de nombreuses entreprises en profitent pour s’endetter et effectuer leurs investissements à un coût très faible. Cela a tendance à donc accroître la croissance organique, augmenter le chiffre d’affaire, le bénéfice, la rentabilité, le rendement et donc cela a un impact sur la valorisation de ces actions. Les actions ont donc tendance à prendre de la valeur ces derniers temps, notamment sur le Smallcap et les grosses entreprises. Les détenteurs d’actions français peuvent donc dire merci au président de la FED et à Mario Draghi (ancien président de la BCE) !

 

Et l’inversion des taux ?

Toutefois, il faut faire attention à certains paramètres économiques, notamment à l’inversion des taux ! Le principe est simple, plus un actif  (la dette) est mobilisé sur le long terme, plus le risque de défaut de paiement, c’est à dire la possibilité de ne pas être remboursé augmente. Or actuellement, les taux long terme (20 ans ou plus) ont des taux d’intérêt moins importants que les taux à court terme (moins de 10 ans).

 

Pour de nombreux analystes financiers et économistes, l’inversion de la courbe est taux est le signe d’une crise et d’une forte récession à venir. Une forte récession est à prévoir sur les USA et nos voisins allemands, alors que tous les signes sont au vert. Et comme vous le savez, les actions permettent de spéculer mais surtout de financer les entreprises. Ainsi, une crise aurait un impact gravissime sur les actions.

 

 

Vous l’aurez donc compris, cette période de trouble nécessite un suivi important de votre épargne et de vos placements financiers. Nos experts se mettent à votre service pour une analyse complet de votre portefeuille boursier mais surtout un conseil et un suivi sur mesure pour vos placements. N’hésitez pas à télécharger notre dossier spécial « placements » 

WILL BEHEJOHN Conseiller en gestion patrimoniale
BEHEJOHN Will - Fondateur du cabinet EasyGP

BEHEJOHN Will - Fondateur du cabinet EasyGP

Conseiller en gestion de patrimoine senior, mon objectif est de vous accompagner afin de réaliser vos objectifs. On commence quand ?

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